COMPTE RENDU – CHIRURGIE VISCERALE

COMPTE RENDU

CHIRURGIE VISCERALE

C.H.U POINT G

DU 19 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2019

 

 

 

Référent expert:

Maryse Fabre, IADE; Thierry Kandel, Anesthésiste; Batoul Lyakoute, IBODE; Anne-Sophie Schneck, Chirurgien digestif

 

 

Introduction

Présence d’une équipe de soutien au sein de l’hôpital Point G depuis 2013. EDA soutient l’activité au sein du bloc opératoire et dans le service de gynécologie par des missions annuelles.

 

Objectifs de votre mission

L’object initial de la mission était le compagnonnage et l’évaluation des besoins pour la coeliochirurgie.

 

Déroulement de la mission

Notre interlocuteur principal était le Professeur Diénéba Doumbia, chef de service des urgences.

Nous avons été accueillis par le directeur général et le directeur adjoint de l’hôpital qui nous ont présenté l’activité de l’hôpital et les difficultés rencontrées au quotidien. Dans le contexte politique actuel, le gouvernement a diminué les subventions attribuées jusqu’à présent. Malgré ces difficultés ils persévèrent à maintenir une bonne prise en charge du patient. De plus, de gros travaux sont en cours dans l’ensemble de l’hôpital et notamment au bloc opératoire.

Dès le premier jour nous avons rencontré l’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale du bloc opératoire qui nous a expliqué le fonctionnement de leur bloc. Actuellement il y a 5 salles opératoires ouvertes : une salle d’urologie, une salle de coelioscopie, une salle de gynéco-obstétrique, une salle de chirurgie d’urgence et une salle de chirurgie viscérale. Trois salles sont en cours de réfection.

 

Observations et constats initiaux

Malheureusement dès notre arrivée nous apprenons que l’activité de coeliochirurgie a été interrompue pour deux principales raisons. D’un côté la colonne de coelioscopie est hors service car il existe un problème technique qui nécessite une intervention de la part de STORZ. La direction générale a fait les demandes dans ce sens. De l’autre côté les anesthésistes sont en difficulté car il manque des capnomètres sans lesquels l’anesthésie générale pour la coeliochirurgie est dangereuse pour le patient. Nous avons donc concentré notre travail sur la chirurgie conventionnelle dans laquelle les besoins étaient également très importants.

Nous avons constaté qu’il existe une très bonne connaissance théorique sur le plan chirurgical et que les techniques opératoires employées sont validées et correspondent aux matériels qu’ils détiennent.

 

Activités réalisées

Chirurgie Viscérale:

Accompagnement lors des interventions chirurgicales. La chirurgienne EDA s’est concentrée sur la formation des internes qui avaient choisi comme spécialité la chirurgie viscérale. Anne-Sophie a joué le rôle d’aide opératoire afin d’évaluer leur connaissance et réajuster certains gestes pendant l’intervention. A la fin de chaque intervention, elle réalisait un échange sur les points à améliorer avec l’équipe chirurgicale. Pour les plus jeunes internes il y a une formation des gestes de bases de chirurgie (noeuds chirurgicaux, différents types de suture, techniques d’anastomoses digestives, …).

Le CHU étant le centre de référence du Mali en oncologie de nombreuses interventions étaient des résections de tumeur colique, gastrique et pancréatique.

Durant son séjour Anne-Sophie a participé au staff chirurgical dans lequel les patients hospitalisés sont présentés et une fois par semaine les cas opératoires de la semaine suivante sont discutés.

 

IBODE:

Batoul a eu deux axes de travail principaux : le lavage des mains chirurgical de l’ensemble du personnel ainsi que le tenue correcte dans une salle d’intervention (masque, calot, absence de port de bijoux, …) et la formation individuelle de chaque IBODE.

Dès son arrivée, elle a constaté que le lavage des mains ne respectait aucun protocole. Des ateliers sur le lavage des mains ont été effectués tous les jours en présence des chirurgiens, des internes et des IBODE. A noter qu’il est compliqué d’avoir des produits nécessaires (savon, solution hydro-alcoolique, serviette et brosse) afin de réaliser un lavage selon les recommandations. Néanmoins, de réels progrès ont été observés tout le long du séjour.

Elle a également repris les bases de l’habillage stérile dans la limite des tenues disponibles correctes (Boston non adapté à leur taille, troué et vétuste).

Elle les a sensibiliséa sur l’importance d’une tenue correcte en salle d’intervention, c’est à dire un calot et un masque correctement mis et l’absence de bijoux (surtout alliance et boucles d’oreilles).

Elle a remarqué que la détersion du site opératoire n’était pas réalisée. Elle a donc insisté sur la nécessité de réaliser une détersion en salle d’opération malgré une douche du patient la veille et leur expliquant l’intérêt d’une telle préparation.

Elle a également constaté que le compte de compresses ainsi que des coupants (lames, aiguilles, …) étaient absents. Donc en collaboration avec Anne-Sophie, elle a repris l’importance du comptage de compresses et la traçabilité de ce compte sur le compte rendu opératoire.

Chaque jour elle s’est positionnée dans une salle différente pour accompagner un IBODE dans son travail dès l’entrée du patient jusqu’à sa sortie. Elle a expliqué aux IBODE la façon de circuler dans une salle d’opération et la nécessité de préparer au plus près du patient.

L’identito-vigilance a été abordée.

 

Anesthésie

D’une part, la chirurgie cœlioscopique n’était pas possible notamment pour des raisons anesthésiques : monitorage indispensable non disponible (en particulier capnométrie).
D’autre part, le service d’anesthésie réanimation dispose d’un échographe et est très désireux d’aborder l’anesthésie loco régionale (ALR) sous échographie. Cet échographe est actuellement surtout utilisé en réanimation pour la pose de voie veineuse et pratiquer l’échographie pulmonaire. L’expérience du service de l’ALR sous écho est limité et se fait par neurostimulation pour les blocs de membres ou à l’aveugle pour les blocs de parois.
La demande est en effet forte car les moyens d’analgésie per-opératoire et post-opératoire sont limités (Paracétamol, Acupan). Toute la chirurgie se fait avec réveil sur table et transfert direct en chambre.
En conséquence, outre notre participation aux actes d’anesthésie classique, avec échange sur les pratiques en fonction des moyens, nous avons mis en place tous les jours des ateliers d’ ALR sous échographie avec les PU, PH et DS avec rappels théoriques, entraînement sur mannequin et mise en pratique sur les patients: ALR périphérique plexique ou tronculaire anesthésique pour chirurgie des membres (amputations,…) et ALR périphériques analgésiques de la paroi thoracique (mastectomie) et de l’abdomen (laparotomies, hernies,..etc.)
D’autre part, nous avons initié une démarche auprès de la pharmacie pour l’obtention d’antidote aux anesthésiques locaux (Poches de 500 ml d’Intralipide) ce qui permettra une pratique sécure. Il serait souhaitable, dans la même optique, que le service puisse disposer d’un échographe avec mode Doppler afin de visualiser les flux vasculaires.
Enfin, nous avons mis à disposition des ouvrages avec iconographie afin de développer la technique.

 

Moyens matériels disponibles

Sur le plan chirurgical les instruments de laparotomie sont présents mais vétustes.

Les kits opératoires achetés par le patient sont corrects.

Le linge est vétuste et demande à être entièrement renouvelé.

 

Résultats observés

Les internes sont demandeurs de formation et participe de façon active aux formations proposées.

A la fin de la mission le lavage des mains étaient acquis par certains membres du personnel en espérant qu’ils sensibiliseront le reste de l’équipe.

Le compte des compresses a été effectué de façon correcte en notre présence et nous avons essayé de les sensibiliser sur les conséquences pour le patient et juridiques pour l’équipe médicale et paramédicale.

 

Points forts :

Une planification journalière de l’activité du bloc opératoire avec l’affectation nominative du personnel dans chaque salle est affichée à l’entrée du bloc opératoire.

Le cadre IADE donnait pour chaque intervention le matériel nécessaire pour l’anesthésie.

Les IBODE étaient présents et consciencieux. Ils connaissent leur fonction et sont investis dans leur travail malgré les difficultés rencontrées.

 

Points à améliorer :

Cf paragraphe précédent

 

Recommandations pour la suite des actions

Nous estimons que notre présence a été très bénéfique et attendue par l’ensemble du personnel. Les échanges ont été productifs.

Nous pensons qu’il est important de revenir au sein du bloc opératoire du CHU Point G afin d’évaluer et réajuster les connaissances apportées par chaque profession. Il serait important de réaliser un audit sur le lavage des mains, la détersion, le sondage vésical lors d’une prochaine mission.

Compte tenu du nombre croissant de cas de cancers digestifs observés, une nouvelle mission en collaboration avec un gastro-entérologue et/ou oncologue pour permettre l’amélioration de la prise en charge globale de ces pathologies.

 

CONCLUSION

 

Pour Thierry, Maryse, Batoul et Anne-Sophie cette mission a été une véritable réussite dans le compagnonnage de leur collègues au Point G. D’après le Professeur Terra, étant donné que tous les internes ne peuvent pas bénéficier d’une formation en France, c’est à la France de venir vers eux.

 

Apprentissage de l’anesthesie locorEgionale sous échographie

Le compte de compresses

 

Le compte de compresses

 

Apprentissage de L’ALR sous échographie

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