COMPTE RENDU – DE MISSION CHIRURGIE UROLOGIQUE

 

COMPTE RENDU DE MISSION

DU 18/10 AU 2/11/2019

CHIRURGIE UROLOGIQUE

HOPITAL REGIONAL DE KANKAN

 

Référent expert :

Dr Jean-Pierre DULAC

Chirurgien urologue

 

Introduction

Poursuite de l’enseignement de la résection endoscopique par voie transurétrale, qui a fait l’objet de 2 missions précédentes.

 

Objectifs de la mission

Progresser en chirurgie transurétrale endoscopique (résection de prostate, résection de tumeurs de vessie, urétrotomie interne ) et si possible laisser le matériel à disposition des urologues locaux.

 

Déroulement de la mission

Accueil chaleureux du Dr SIDIBE, chef de service et de son assistant le Dr MARA  (qui revient d’un séjour de 4 ans en CHINE)

 

Observations et constats initiaux

Très grosses difficultés au départ pour réunir le matériel d’endoscopie : je suis arrivé avec un résectoscope Olympus en très bon état, auquel il manquait un élément essentiel qui est un mandrin optique, permettant d’introduire l’endoscope sous contrôle de la vue, sans risque de casser l’extrémité de la gaine ou l’anse du résectoscope.

Nous avons, avec l’aide efficace du maintenancier, Jean-Pierre Landou, mis 2 jours à réunir et faire fonctionner la source de lumière, les sources camera et les 2 cameras. Il a été beaucoup plus  difficile  d’avoir   un   écran   vidéo   acceptable : le Dr Camara, ophtalmologiste, nous a prêté au départ un écran qui donnait des couleurs oscillantes entre le gris et le vert! puis nous avons découvert un écran similaire dans la bibliothèque qui donnait des couleurs plus acceptables, mais avec une qualité très médiocre de l’ensemble de la colonne vidéo, ce qui rend difficile l’enseignement d’une technique ou la reconnaissance précise des tissus est fondamentale.

 

 

Activités réalisées

Organisation du travail
Formations réalisées
Thématiques des formations…

 

Le travail s’est réparti entre :

1) La visite dans le service d’urologie (où il n’existe aucune rigueur, le surveillant est inexistant, sans autorité, paresseux et incompétent). J’ai mis en place une feuille de surveillance au lit de chaque patient avec en particulier la surveillance de la diurèse qui est la moindre des choses en urologie ; j’ai demandé au surveillant d’accompagner la visite avec un cahier de prescription quotidienne pour le responsabiliser dans l’exécution des soins et thérapeutiques prescrits.

2) L‘activité au bloc opératoire ou JO (joseph) s’est avéré d’une grande efficacité dans la stérilisation et l’entretien du matériel endoscopique ; bien entendu, comme partout, énorme problème avec l’alimentation électrique, avec coupures de courant incessantes (3 coupures de 5 minutes en moyenne par heure d’intervention). Ces coupures sont très très néfastes pour les sources de lumière, avec ensuite surtension qui  grille les lampes, et très dangereuses en chirurgie endoscopique (une voiture dans   un tunnel sans phare!)

Nous   avons   pu   cependant   réaliser 8 procédures endoscopiques (résections de prostate, résection de tumeurs de vessie, urétrotomie interne avec lithotritie d’une lithiase vésicale) où j’ai pu faire travailler le Dr SIDIBE et le Dr MARA en surveillant l’écran. J’ai pu leur montrer également une technique d’adénomectomie  prostatique  par  voie  haute, de  type  MILLIN  qui  est  beaucoup  moins  génératrice de fistule urinaire que la technique transvésicale qu’ils utilisent habituellement ; nous avons également réalisé une urétroplastie d’une sténose de l’urètre antérieur et bulbaire.

 

Moyens matériels disponibles

Rectoscope performant

Colonne vidéo très médiocre

 

Résultats observés

Quantitatifs

Activité de formation :

2 cours théoriques aux synthésards de 90 minutes :
1) la lithiase urinaire
2 ) les infection urinaires

en moyenne, 8 à 10 étudiants, très motivés et parfois d’un niveau exceptionnel,

Activité chirurgicale :

Suites des résection simples avec désondage au 3éme jour et sortie du patient au 4éme jour contre 10 à 15 jours habituellement par voie haute .

A déplorer la perte inacceptable d’un patient de 85 ans après une résection de prostate qui s’était déroulée sans problème et sans saignement. Le patient est décédé à la 8éme heure post-opératoire d’un tableau évoquant une infarctus du myocarde (pas de surveillance  mentionnée  entre 14 h et 18h, heure du DC 8)

Qualitatifs

Enseignement, je pense profitable, mais le niveau en endoscopie est quasi nul, malgré les 2 sessions précédentes. Les urologues sont loin d’être autonomes, surtout dans les conditions d’équipement actuel

Je n’ai donc pas laissé le rectoscope à leur disposition.

Points forts :

Motivation très forte du Dr MARA qui est très travailleur et concentré et à même de développer la résection endoscopique s’il est soutenu régulièrement.
JO au bloc  opératoire.

 

Points à améliorer :

Nombreux :  :
obtenir un ECRAN de bonne qualité, une 2éme SOURCE de lumière, un CYSTOSCOPE  adulte avec canal opérateur indispensable pour traiter en consultations   les rétrécissements urétraux, innombrables du fait de fausses routes quasi systématiques   lors des sondages pour rétention d’urine ;
un véritable URETROTOME INTERNE avec canal opérateur (il existe des lames  d’urétrotome qui fonctionnent avec le résecteur, mais  la gaine est beaucoup trop grosse pour réaliser ,le geste dans les rétrécissements sévères  qui sont légion et il n’y pas de canal opérateur pour introduire un guide dans le rétrécissement .

Recommandations pour la suite des actions

Création d’une unité d’UROLOGIE AUTONOME, qui seule permettra d’effectuer ces activités d’endoscopie  dans   des   conditions   techniques   acceptables   avec   stérilisation, entretien, maintenance du matériel par un personnel compétent (JO?) et pourquoi pas  devenir un centre de formation endoscopique des urologues de cette partie  de l’Afrique de l’OUEST .

Il existe un local attenant au service d’urologie de 60 m2 qui conviendrait parfaitement pour la création de cette unité urologique (consultations, échographie, endoscopie ambulatoire, chirurgie endoscopique). La direction de l’hôpital semble prête à libérer ce local, qui nécessite bien entendu des travaux d’aménagement : toiture, carrelage, paillasse de stérilisation, éclairage, panneaux solaires, groupe électrogène autonome)

 

CONCLUSION

Mission passionnante : TOUT est à faire en urologie.

Je suis prêt à m’investir dans ce projet en participant à toutes les missions possibles, à rechercher et fournir le matériel spécifique manquant nécessaire à mes yeux.

 

 

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